L'impact du coronavirus sur l'économie des grands groupes français

[fa icon="calendar"] publié le 28 févr. 2020 10:54:49, écrit par Quentin Martel

Commençons ce tour d’horizon par l’industrie

  • Seb, le géant de l'électroménager qui possède 7 sites industriels en Chine -dont 1 à Wuhan, a fait ses comptes : il annonce une perte de 250 millions d’euros de chiffres d’affaires ne serait-ce que pour le premier trimestre 2020. 
  • Bureau Véritas le spécialiste de l’inspection et de la certification, prévoit lui aussi une lourde perte, allant de 60 à 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en moins. 
  • Schneider Electric, spécialiste dans l’équipement et les services pour l’énergie, a quant à lui prévu une perte de 300 millions d’euros. Précisons que la Chine représente à elle-seule 15% de son activité. 
  • Suez, numéro deux mondial de la gestion de l’eau et des déchets, accuse aussi sévèrement le coup : la Chine représentant  entre 7 et 8% de son activité, c’est une perte au premier trimestre de 30 à 40 millions d’euros sur le chiffre d’affaires qui se dessine...

En ce qui concerne l’industrie automobile, peu de chiffres ont été communiqués, mais deux phénomènes sont particulièrement redoutés : la chute des ventes sur le marché chinois et la baisse de la chaîne d’approvisionnement, le risque encouru étant la pénurie des pièces fabriquées sur place. 

Le tourisme n’est pas en reste : 

  • Air France estimait mi-février une perte entre 150 et 200 millions d’euros suite à l’impact du virus sur son résultat d’exploitation. Des mesures économiques courant de la réduction de dépenses au gel de certaines embauches sont à prévoir.
  • Le trafic des aéroports parisiens enregistre un léger recul (4,5%) pour la région Asie Pacifique en Janvier, soit un impact limité selon leur gestionnaire, Groupe ADP

On note paradoxalement une amélioration dans l’exemple suivant : 

  • Accord, un groupe hôtelier français qui possède, gère et franchise aussi bien des hôtels que des stations touristiques et des résidences de vacances, voit sa situation s’améliorer progressivement. Aux prémices de la crise, il s’est vu contraint de fermer 200 hôtels à la réservation, alors qu’aujourd’hui on dénombre uniquement 15 hôtels fermés et 72 fermés à la réservation. Le groupe a cependant perdu 5 millions d’euros de redevances dans l’intervalle.

Le commerce est lui aussi impacté : 

  • Kering, géant du luxe (Gucci, Yves-Saint Laurent) annonce avoir enregistré une forte baisse en Chine continentale depuis la mi-janvier suite à la fermeture de certaines boutiques. Les ventes dans la région Asie Pacifique (hors Japon) représentent plus d’un quart de ses ventes totales, soit 34%. 
  • Il en est de même pour SMCP, la maison mère des marques Sandro, Maje et Claudie Pierlot qui voit ses ventes et sa rentabilité fortement affectées en Chine, notamment avec la fermeture temporaire de certains magasins, ou des ouvertures avec horaires aménagés.

L’agroalimentaire fait aussi les frais de cette crise : 

  • Danone, mastodonte de l’agroalimentaire, prévoit une perte de 100 millions d’euros sur son premier trimestre (la Chine représentant 10% de son chiffre d’affaires)
  • Pernod Ricard, numéro deux mondial en matière de spiritueux, prévoit un impact lourdement significatif sur la période entre janvier et mars (notamment suite à la baisse des ventes en aéroport) 

Les effets de cette crise seront plus quantifiables dans la durée et avec un peu de recul que nous ne pouvons, pour l’heure, pas avoir. 


Source : leparisien.fr, sud-ouest.fr

Catégories: Economie

Quentin Martel

écrit par Quentin Martel