L’europe face à un risque accru d’emplois en difficulté

[fa icon="calendar"] publié le 10 juil. 2020 17:30:39, écrit par Quentin Martel

Mardi 7 juillet, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié ses “perspectives de l’emploi 2020”. Le rapport souligne que de nombreux arbitrages devront être mis en place notamment pour relancer l’activité tout en protégeant les secteurs fragilisés ou encore pour réduire les différentes aides mises en place durant le confinement sans enclencher de faillites massives. 

Stefano Scarpetta, spécialiste de l’emploi au sein de l’organisation souligne “ils seront d’autant plus délicats que les incertitudes sont grandes : une deuxième vague de l’épidémie n’est pas exclue”.

Selon les dernières informations de l’OCDE, le taux de chômage devrait grimper jusqu’à 9,4% d’ici la fin de l’année 2020 pour l’ensemble des pays de l’OCDE. En ce qui concerne la France, celui-ci augmenterait jusqu’à 12,3% voire 13,7% si une circulation accélérée du virus contraindrait à nouveau la France à reconfiner ses habitants. 

 

💭 Repenser le chômage partiel

Gilles Moëc, chef économiste du groupe Axa affirme que “les mécanismes d’activité partielle adoptés en Europe ont efficacement limité l’envolée du taux de chômage” où le taux de demandeurs d’emploi a atteint 6,6% dans l’Union Européenne, contre 14,7% aux Etats-Unis.

Environ 45 millions de personnes ont eu recours au chômage partiel, ce qui a permis d’amortir une partie du choc de la crise. 

Daniela Ordonez, économiste à Oxford Economics explique qu’à présent que le confinement est levé et que l’activité repart, il faut repenser les mécanismes et tout particulièrement celui du chômage partiel :

  • C’est un coût énorme pour l’Etat
  • Les abus sont nombreux. A ce jour, plus de 850 entreprises sont suspectées de fraude, à savoir avoir recouru au chômage partiel sans nécessité, ou avoir déclaré des employés en chômage partiel tout en les faisant travailler à temps plein

❓ Le chômage partiel ne risque-t-il pas de décaler dans le temps des licenciements massifs ? C’est la question que se posent de nombreux économistes, notamment ceux du groupe Allianz qui expliquent : “nous estimons que 9 millions de travailleurs, parmi les 20% de ceux encore en chômage partiel fin juin, risquent fortement de se retrouver au chômage en 2021”, notamment dans les secteurs les plus fragilisés comme le tourisme, le transport ou encore l’hôtellerie-restauration. 

 

💪 Une aide renforcée

Afin de s’assurer que seules les entreprises qui en ont vraiment besoin profitent de ces aides, la France commence à réduire son dispositif. Depuis juin, les sociétés financent désormais à hauteur de 15% des coûts du chômage partiel, les 85% restants sont à la charge de l’Etat et de l’Unedic. En octobre, le coût passera de 15% à 40%. 

En contrepartie et toujours dans un objectif d’accompagnement des entreprises :

  • Mise en place au 1er Juillet d’un nouveau dispositif d’activité partielle de longue durée, applicable sur deux ans au plus
  • Conditions : négociation dans le cadre d’un accord collectif d’entreprise /  le temps non travaillé devra être dévolu à la formation (en partie financée par l’Etat) 


Le chômage de masse exige des aides ciblées sur les travailleurs ne pouvant profiter du chômage partiel comme les indépendants ou encore les jeunes diplômés. “Entrer sur le marché du travail au milieu d’une telle crise aura un impact négatif sur toute la suite de leur carrière” souligne Stefano Scarpetta. Il est donc essentiel que les Etats renforcent les différents dispositifs mis en place, comme la garantie jeunes, ou la valorisation de ceux qui facilitent l’apprentissage en entreprise.

 

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Source : lemonde.fr

Quentin Martel

écrit par Quentin Martel